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samedi 16 janvier 2016

CHRONIQUE



La Renverse, Olivier ADAM

Editions FLAMMARION, 267 pages (2016), 19€

 

Résumé :


« Ce n'est qu'au moment d'entrer dans le bar-tabac que la nouvelle m'a vraiment heurté, qu'elle a commencé à filer le tissu du drap que je tendais depuis des années sur cette partie de ma vie. J'ai demandé deux paquets de cigarettes, salué les habitués du plat du jour. Au-dessus des tables, un téléviseur s'allumait sur une chaîne d'information en continu. À l'instant où j'y ai posé les yeux, le visage éminemment télégénique de Jean-François Laborde s'est figé sur l'écran.
J'ai demandé qu'on augmente le volume. On annonçait son décès dans un accident de voiture. Suivait un rappel succinct de sa biographie. Fugacement, la pensée, absurde étant donné le temps accordé à l'information, qu'il n'avait pas été fait mention de ma mère m'a traversé l'esprit. » Dans La renverse, Olivier Adam retrace l'itinéraire d'Antoine, dont la vie s'est jusqu'à présent écrite à l'ombre du scandale public qui a éclaboussé sa famille quand il était encore adolescent.
Et ce faisant, il nous livre un grand roman sur l'impunité et l'humiliation, explorées au sein de la famille comme dans l'univers politique.





Mon Avis :
Olivier Adam fait partie de mes auteurs favoris. Il est de ceux dont je guette les nouvelles sorties et les achète automatiquement. Son univers me correspond assez : mélancolique, triste quelques fois, mais toujours plein d'espoir à la fin.
"La Renverse" ne déroge pas à la règle. Antoine est un jeune libraire vivant près des côtes bretonnes ( toujours chères à l'auteur ) qui semble absent de sa propre existence, il n'y est qu'un simple spectateur. Dix ans plus tôt, sa mère a été la complice du maire de la ville où il a grandi ( et sa maîtresse "officielle" ) dans une affaire de viol et agressions sexuelles envers deux jeunes femmes. Depuis Antoine a inconsciemment ou non fait le choix d'oublier cette affaire qui les avait plongés dans la tourmente lui et sa famille, au risque de passer à côté de sa vie pour y parvenir. Mais la mort dudit maire va le forcer à revisiter et comprendre son passé douloureux.
Selon moi, la force de ce roman tient à l'écriture d'Olivier Adam toujours magnifique et travaillée, mais aussi aux portraits dressés des différents personnages. Que ce soit Antoine notre narrateur, son frère Camille, son père, sa mère, ils sont tous très nuancés et complexes.
J'ai encore une fois été conquise par Olivier Adam qui s'il décrit un monde réel cruel et malsain quelques fois, nous laisse toujours plein d'espoir.
17/20
 
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5 commentaires:

  1. Un premier billet consacré à Olivier Adam, c'est de bonne augure pour ce blog. :-)
    Je n'ai pas entendu parler de la sortie de ce livre, heureusement que tu nous en parles parce qu'il me tente beaucoup. Je le lirai après "les coeurs réguliers" que tu m'as également recommandé.

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    1. Merci beaucoup Geneviève. Je suis bien contente que tu sois la première à écrire un commentaire sur mon blog.
      Et j'espère que ces deux romans te plairont autant qu'à moi. Mais "Le cœur régulier" en comparaison je lui mets 20/20. Une merveille.
      Bisous :)

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  2. Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.

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  3. Oh, moi aussi, Olivier Adam est, je peux le dire, mon auteur contemporain préféré !
    Savais-tu que sa compagne écrivait aussi, et du même style ? Karine Reysset.
    A bientôt !

    bibliza.blogspot.fr

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    1. Ah non tu vois tu m'apprends quelque chose sur cet auteur ! Je vais aller voir sa bibliographie.
      Tu en as un à me recommander en particulier?

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